Texte de Kz
Trois petits mots.
Merci, pardon, s’il te plaît.
Trois mots qu’on apprend aux petits enfants depuis leur plus tendre enfance.

Les mots les plus justes, les plus forts, les plus élémentaires. Peut-être les plus difficiles aussi, car ils nous exposent, nous mettent à nu, nous dévoilent en ce qu’ils pointent l’exactitude tranchante de notre désir.

S’il te plaît ; j’aurai honte de demander encore, tellement tu m’as aimé. C’est aujourd’hui l’évidence la plus forte, la certitude immédiate la plus douce, l’assurance la plus apaisante.

T’ai-je assez dit « merci ! », je ne crois pas.
Je ne suis pas sûr qu’on dise jamais assez « merci ! » ; c’est sans doute ici que le bât blesse !

Des « pardon ! », il y en a eu ! Trop sans doute ! Aujourd’hui, ce serait peut-être le déficit de « merci ! » pour lequel je devrais dire « pardon ! ». Le reste, les culpabilités, les erreurs, la part de mal qui m’habite, il me semble à les relire aujourd’hui, qu’ils n’ont jamais réellement entamé ta patience.

Tu m’aimes tel que je suis ! Je ne te cache pas que cela m’a toujours étonné…, et que je m’en veux parfois d’en avoir un peu profité !

Quoique, insensiblement, cela m’ouvre un horizon, ténu, fragile, à la limite du concevable. Je n’ai pas les mots justes, ils me manquent un peu. Je parlais tout à l’heure de patience ; « long suffering » disent les anglais.

Il m’a fallu du temps pour mettre des mots simples sur le mal : est mal, ce qui fait mal. Un point, c’est tout.
La patience serait alors, non pas la négation que le mal fait mal, c’est l’évidence, mais comme une conviction qu’il ne peut tout détruire.

In fine, le mal ne pourrait que retarder, comme le vent, lorsqu’il est contraire. En aucun cas, il ne peut détourner du but, pour peu qu’on y tienne. Il oblige seulement à tirer des bords, à naviguer au près. C’est fatiguant, inconfortable et… objectivement plus long.

Les allures aujourd’hui sont plus portantes, cela laisse du temps pour ranger le bateau, réparer ce qui peut l’être, prendre soin de soi.

Restent mes trois petits mots.

Le « s’il te plaît » ; bien sûr qu’il sert encore, mais il n’est plus premier, ne m’as tu pas tout donné ? Le « pardon » ; oserai-je dire qu’il est acquis ? Un seul demeure d’une évidente pertinence : « Merci ! ». Simplement : « Merci ! »

Ce sera, pour moi, le mot de la fin.