Texte de Mésange
L'année du jubilé
Un vieux souvenir affleure. Dans l’Ancien testament, il est question d’une année du jubilé. La 50e année était une année festive où les terres étaient laissées en friches, les dettes remises à zéro, les esclaves libérés. J’aime bien cette idée d’année du jubilé pour commencer ma 50e année de vie.

Une année de lâcher prise ! Une année de jubilation intérieure !

Lâcher une partie de mon passé, détacher de mon pied le boulet de mes colères réprimées, de mes tristesses compressées, pour pouvoir cheminer plus librement, avec moins de luttes intérieures tellement contradictoires qui m’épuisent plus qu’elles ne m’aident à avancer.

Lâcher mes chaises, ma vie de femme assise, pour me réorienter professionnellement vers une activité qui met en mouvement tout mon corps, tout en stimulant ma créativité et mes compétences pédagogiques.

Lâcher ma vie d’ermite, mon esprit de bête sauvage, rebelle et indomptable, pour aller à la rencontre de l’autre, entrer en lien avec l’autre et partager. Etre attentive à l’autre, l’entendre au-delà de ses mots, le ressentir, l’accueillir dans ses différences aussi.

Lâcher la main de mes enfants, les accompagner de mon regard bienveillant. Les laisser cheminer sur leur route, leur faire confiance, les autoriser à trouver leurs solutions. Faire le deuil du lien mère-enfant pour laisser place à celui de l’amour maternel dans sa plénitude inconditionnelle.

Mon futur pourrait se résumer en ces mots :
Un nouveau métier
Un chemin de créativité
Une respiration plus ample
Me découvrir dans ce que je suis au plus profond de moi
Laisser apparaître mon être, le laisser rayonner



Mon futur, c’est aussi la route vers ma mort, le chemin vers mon ultime respiration.
Sentir et vivre en conscience les évènements que je rencontre sur ma route, prêter attention aux détails infimes qui donnent du relief à ma vie et achèvent, petit à petit, l’œuvre de ma mosaïque personnelle. Et finalement, trouver une sérénité qui me permette un jour de fermer les yeux sans peur.