Texte de Plumentête
Contradictions
Alterner entre la douceur du printemps, la caresse des premiers rayons de soleil sur ma peau et la morsure de la bise froide. Alterner entre l’appel du sable chaud dans lequel s’abandonner et la noirceur des jours dans lesquels se perdre. Alterner entre la certitude d’être debout et la crainte de tomber encore et encore, toujours plus bas.

Mon présent est un perpétuel défi aux lois de l’équilibre, mon présent me fatigue parfois, souvent même. Je désespère de moi et je désespère ceux qui m’aiment et croient en moi. Enfin non, je ne les désespère pas, je les agace, les énerve mais ils continuent à croire de moi ce que je ne sais pas encore. Ils continuent à me montrer une image que je ne vois qu’en contre-jour. Aurais-je peur de la lumière, aurais-je peur de me montrer telle que je suis, aurais-je peur de m’éloigner d’un modèle qui ne demande pourtant que ça ?

Mon présent est parfois doux, comme la caresse d’un homme amoureux sur ma joue, comme son regard sur moi. Mon présent est souvent bon comme les fous rires partagés avec les copines, comme les cafés partagés avec les amis, comme les remerciements de ceux à qui je redonne un espoir, à qui je rends, le temps d’une parenthèse, une place dans leur vie.
Alterner entre vouloir s’aimer, s’accepter et se détester, se refuser à la vie avant de se refuser à l’Autre. Alterner entre rage et inertie, entre volonté et acceptation et regarder la vie s’écouler dans une flaque de sang au journal télévisé. Avoir peur de la bêtise des hommes, s’insurger contre l’injustice et culpabiliser de ne rien faire d’autre. Regarder la vie s’éveiller dans le regard d’un enfant, par la sève qui monte dans la tige de la vie. Alterner entre colère sourde et joie de l’abandon, se rebiffer, se laisser faire. Ecouter, s’écouter, chercher et se reconnaitre, se perdre et se retrouver.

Oui mon présent me fatigue, m’ennuie et me désole parfois mais en écrivant ces mots, je vois peu à peu se dessiner cet arbre, j’en reconnais les racines, je sens la force à travers son écorce. J’aime ce qu’il devient et je découvre ma force avec toujours le même étonnement. Je commence à m’accepter, m’aimer ne doit pas être si loin. Gageons alors que l’amour partagé, la réussite rencontrée seront au rendez-vous de mon futur proche…