Texte de Sprite
Éphémère
 - 26 Décembre 2009 -

L'heure vire vers un matin que je ne désire pas.
Je viens de dire au revoir à un contact MSN qui m'a accompagnée un bout de la nuit.
J'allais prendre possession du présent, pleinement, comme je le fais si rarement.
En passant de la cuisine où je suis allée me chercher des fruits, au séjour où j'allais cliquer sur un site ou un autre avant d'aller finalement au lit, j'ai fait un arrêt : une pause présent.

Je regarde tellement rarement ce qui m'entoure. Oh j'absorbe aisément dans un subconscient qui sait assez bien régurgiter ce dont j'ai vraiment besoin à l'occasion. Mais ce n'est jamais vraiment l'état d'un lieu qui m'accroche, s'il est vraiment rangé ou bordélique. C'est plutôt l'atmosphère qui s'en dégage. J'ai connu des lieux hyper organisés où on se sent hyper mal à l'aise et des foutoirs à relaxer des TOCqués.
Chez moi quand j'arrive à poser un regard, je m'y sens quand même assez souvent mal à l'aise, y voyant une réflexion de mes états d'âme angoissée.
Mais là, juste maintenant, dans ma pause présent, le petit sapin dans le coin près de la fenêtre qui éclaire à peine la pièce... Le silence presque total du dehors, si rare près des feux d'un croisement très emprunté, avec une caserne de pompiers et une de flics pas très loin, qui d'habitude dégorgent des véhicules à sirènes pas très envoutantes au niveau de l'ouïe.

Seule au cœur de la nuit. Calme. Oui, il manque bien la présence d'un être autour duquel s'enrouler quelquefois mais elle n'est pas lancinante. Seule avec la pluie qui vient de s'annoncer par le crépitement des gouttes sur les carreaux.
Devant la cheminée, la petite fontaine de céramique glougloute et la pendule "tournesol" fait son tic-tac routinier que je n'entends jamais en temps normal.
Une bougie dans le chauffe-théière finit de se consumer. Au bout du sofa, le chat dort roulé en boule sur le sac que j'ai pris pour sortir hier. C'est toujours l'article provenant du dehors qui attire ses faveurs.

Je voudrais que ce moment dure encore et que le jour se lève encore beaucoup plus tard, aujourd'hui et dans les jours à venir. Je n'ai envie ni de printemps ni de confrontation avec cette réalité qui force à faire face à ce "gagner sa vie" ou à en faire quelque chose.

Je suis bien dans cette pause présent où huissiers et banquiers dorment… du sommeil du juste ?
L'or des minutes s'égraine...
J'aimerais les retenir
Le dehors s'infiltre peu à peu avec la lumière du jour.

J'avais bien cru abolir le temps.